26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 21:01

Le bureau national de Français du monde-ADFE nous propose son analyse des élections présidentielles 2012.

 

Continuités, contrastes, basculements : voici trois caractéristiques du vote des Français établis à l’étranger aux élections présidentielles de 2012.

 

Continuité : domination globale du vote en faveur de la droite et progression constante du vote de gauche. A l’étranger Nicolas Sarkozy obtient 53,05 % des suffrages soit 236 160 voix et François Hollande en obtient 46,95 % soit 209 002 voix. Les bastions électoraux restent les mêmes de 2007 à 2012. Nicolas Sarkozy fait ses meilleurs scores aux EtatsUnis 61,30 %, en Suisse 62,29 %, dans les Emirats, en Afrique du Sud 68,31 %, à Singapour 68,77 %, à Monaco 84,26 %, et son record est en Israël avec 92,80 %.

Le vote en faveur de la gauche reste massif en Afrique de l’ouest, Mali 77,45 % et en Afrique du Nord, Algérie 87,28 %. Les basculements de 2007 en faveur de la gauche des pays d’Amérique latine se sont confirmés en 2012, c’est le cas de l’Argentine avec 51,42 %.

La victoire à l’étranger de Nicolas Sarkozy ne doit donc pas masquer l’érosion continue de la droite depuis trente ans et simultanément le renforcement de la gauche : près de 40 points les séparaient en faveur de la droite en 1981. La droite ne domine plus que de 6,1 points.

Continuité en matière de participation : La participation continue à baisser puisqu’elle est passée de près de 79 % en 1981 à 42 % en 2007 et en 2012. Ce phénomène ne signifie pas que les Français de l’étranger se désintéressent de l’élection majeure de la Vème République et cela nous amène à étudier le premier des contrastes qui caractérise cette élection.

Participations en pourcentages et en chiffres absolus forment le contraste le plus apparent de l’élection de 2012. La baisse de la participation des Français de l’étranger à l’élection présidentielle en pourcentage des votants par rapport aux inscrits s’accompagne d’une forte augmentation des suffrages exprimés puisqu’on est passé de 102 231 suffrages en 1981 à 445 162 en 2012.

Le phénomène de l’abstention a des causes multiples : aujourd’hui l’immense majorité des Français inscrits dans les consulats figurent aussi sur les listes électorales, ce qui n’était pas le cas il y a dix ans. Or, la vie de nombreux Français durablement installés à l’étranger dépend totalement des choix politiques de leur pays de résidence et pas de ceux de la France. L’éloignement politico‐culturel est probablement trop fort pour que le désir de voter se manifeste. L’attachement affectif à la nationalité française survit quand l’intérêt politique s’estompe. A cela s’ajoutent les difficultés bien connues : l’éloignement des bureaux de vote, même s’ils ont été multipliés, la déperdition de l’information et le fait que le vote ait lieu un jour travaillé dans certains pays etc.

Les différences de participation entre petite et grande communauté confirment cette analyse : là où peu de Français, souvent expatriés temporaires, sont regroupés autour de l’ambassade et du consulat, nous constatons des pics de participation à 70 et 80 % tandis que dans les grands pays tels que les Etats‐Unis ou l’Allemagne où, établis durablement, les Français sont très dispersés, la participation n’atteint pas les 50 % : 36,24 % aux Etats‐Unis, 39,99 % en Allemagne et 36,20 % en Australie.

 

Les contrastes politiques sont parfois impressionnants. D’une part, entre pays d’une même zone géographique, Etats‐Unis ancrés à droite, Canada à gauche, y compris pour la première fois le Canada anglophone, Haïti très à gauche et la République Dominicaine très à droite, le Guatemala à droite et le Honduras à gauche. D’autre part, entre capitales et provinces dans un sens et dans l’autre : Bruxelles vote à gauche et la Wallonie à droite, Mexico vote à droite et le reste du Mexique à gauche.

 

Basculements

Dans le cadre de la progression de la gauche et de l’érosion de la droite les basculements ont été plus favorables à la gauche en 2012. En Europe, si le Portugal a penché à droite, le Royaume Uni et quatre autres pays sont passés à gauche. En Asie, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et deux autres pays ont opéré le même mouvement alors que seule la Mongolie avec ses 38 suffrages exprimés est passée à droite. En Afrique ce sont le Cameroun, le Maroc ainsi que deux autres pays qui ont basculé à gauche, seule la Namibie opérant le mouvement contraire. Peu de mouvements de bascule significatifs en Amérique latine, les grands changements que nous avions constatés en 2007 s’étant seulement amplifiés.

 

Conclusion

 

Une analyse du vote de premier tour sera indispensable pour mesurer le poids des différents partis à l’intérieur de la gauche et de la droite. L’analyse du second tour avec ses évolutions, ses contrastes et ses mouvements de bascule demandera aussi un long travail de fond. En réalité, pour réaliser ces analyses il nous manque deux types d’études indispensables réalisées par des politologues : l’analyse sociologique des Français de l’étranger que nous réclamons en vain depuis le début des années 2000 et des recherches de sociologie et de géographie électorale telles qu’elles ont été effectuées en France depuis un siècle.

Notre association s’était créée en 1980 pour que les Français de l’étranger qui ne se reconnaissaient pas dans « l’apolitisme » de l’UFE puissent se rassembler et s’exprimer. L’évolution que nous constatons est donc un motif de satisfaction pour nous. Contrairement à ce qu’on pouvait penser avant 1980 quand la droite détenait le monopole de l’expression politique des Français de l’étranger, les idées progressistes et les valeurs de justice sociale sont tout autant partagées par les Français de l’étranger que par ceux de France. Le moment où l’électorat des Français de l’étranger rejoindra celui de l’hexagone, tantôt en faveur de la gauche tantôt en faveur de la droite, est proche.

 

Le Bureau National

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